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Auteur Sujet: Chroniques Bakuniennes  (Lu 2237 fois)

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Chroniques Bakuniennes
« le: 13 septembre 2013 à 12:14:47 »
Chroniques Bakuniennes


Prologue

       Un signal sonore me fit sursauter. Quelques instants plus tard les projecteurs artificiels commencèrent à diffuser leur lumière. Doucement le secteur prit vie, la ventilation s’alluma et le zoo fut lâché, Praxis s’éveilla.

       Entre les diverses alertes aux radiations et la pute d’à côté, je devais avoir trois heures de sommeil… pas moins que d’habitude. Après une brève vérification de mon comlog, je sortis de la couchette pour aller vers la « zone de rafraichissement ». Ils avaient bien fait de ne pas l’appeler salle de bain : un morceau de verre poli et une cuvette d’eau sale. Une barbe mal rasée, des yeux synthétiques ; pas de doute, c’était bien ma ***CENSURE*** de con. Faut toujours vérifier, on sait jamais, il suffit qu’un taré de Praxis est eu l’envie soudaine de vous greffer son entre jambe à la place du nez ! Mon bras me faisait souffrir par contre, cette prothèse avait coûté une fortune et je n’étais toujours pas habitué à sa présence, comme si elle était un invité non désiré. Dans tous les cas, j’avais plus les moyens de me faire soigner…

       Je retournai vers mon lit pour m’y assoir, histoire de fouiller sous l’oreiller. J’en sorti ma boîte, mon bien le plus précieux. Vide. ***CENSURE*** ! C’est pas possible, ***CENSURE***, il me restait plus un gramme de dope ! Comme si ce constat avait réveillé mes démons, je sentis tout de suite les effets du manque, tout mon corps émis un léger frisson sauf ma prothèse…

       Pas le choix, il allait falloir que je sorte. Combien de temps depuis ma dernière sortie ? Une semaine, peut-être deux. Le temps de prendre mes comprimés d'hydratation et je me dirigeai déjà vers le sas.

Ma voisine quant à elle, avait déjà commencé sa journée.

« Modifié: 11 juin 2014 à 11:46:28 par Ghost »

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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #1 le: 10 juin 2014 à 21:52:52 »
Chapitre 1

    Le soleil artificiel venait à peine de s'activer que Praxis était bondé. Ce lieu est souvent considéré comme une impasse, la poubelle de l'humanité, mais même Praxis contient des individus qui effraient ses habitants. Imaginez un instant la pire ordure que vous puissiez imaginer; du genre un pédo-zoophile porté sur les chatons... vous pensiez qu'on ne pouvait pas faire pire ? Bande de naïfs. Bref, les derniers de ces énergumènes laissaient la place à la vie ensoleillée de Bakunin tandis que je me glissais dans la foule.

    Il fallait que je me ravitaille et vite. J'étais initialement sorti pour me chercher de la came mais un besoin plus naturel se faisait sentir, la faim. Je me dirigeais d'un pas pressé vers le module de Chanau, spécialisé dans les capsules alimentaires. J'avais entendu récemment via Arakne que les capsules utilisées par Chanau étaient constituées d’excréments d'antipodes. Ça me paraissait peu probable mais dans un cas comme dans l'autre, j'avais faim !
Arrivée au module allait être plus dur que prévu. En effet, tout Praxis semblait vouloir former un mur humain et m'empêcher de me nourrir. Des contractions involontaires des muscles liés à ma prothèse détournèrent mon attention du groupe de modérateurs en patrouille. Leur simple présence dispersa en partie les individus me bloquant le passage et je profitais de l'occasion pour accéder au bloc d'habitation suivant.
Après une bonne demi heure de marche, j'arrivais enfin devant le module de Chanau. Le logo du module ; un oiseau rougeâtre, clignotait irrégulièrement sur la façade. Je me décidais à rentrer et j’aperçus Harpagon, le propriétaire des lieux :

- « Alors vieil ours, comment tu vas ? »
- « Tu me dois 36 crédits panocéaniens. » répliqua-t-il, sans même lever la tête.

Je n'allais pas pouvoir manger tout de suite.

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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #2 le: 10 juin 2014 à 23:24:15 »
La suite?  ;D
RAATTTATTATTAATA...(silence)... "T'es tout là?!!"

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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #3 le: 11 juin 2014 à 09:30:35 »
Au cours de la semaine je pense !  :)

Grognon

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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #4 le: 11 juin 2014 à 11:24:24 »
petite erreur entre la partie 1 & 2: les pilules d'alimentation en partie 1 mais objet de recherche en partie 2...

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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #5 le: 11 juin 2014 à 11:45:39 »
Voilà ce qui arrive avec 8 mois d'écart ^^

Corrigé, merci !

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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #6 le: 12 juin 2014 à 10:38:09 »
Chapitre 2



    Après un long moment de silence gênant, je tentais de feinter l'innocence : « De quoi tu me parles ? »
- « Les crédits panocéaniens avec lesquels tu m'as payé le mois dernier », répliqua-t-il sans montrer une quelconque émotion.
- « Oui, et alors ? », répondis-je alors que je savais pertinemment la tournure qu'allait prendre les événements.
Il leva enfin la tête, « Ils étaient faux », lâcha-t-il.
Son regard accusateur pesait sur moi. Bon sang, si je retrouvais l'enflure qui m'a refilé ces crédits... Le mec m'avait assuré qu'ils étaient intraçables !
- « Comment voulais-tu que je le sache ? », objectai-je innocemment.
- « Pourquoi tu te serais caché durant un mois entier sinon ? », ajouta-t-il sur le même ton.
Il fallait que je trouve une sortie, je me forçais à penser avec difficulté, la faim et le manque n'aidaient pas.
- « Écoute, j'ai juste besoin d'une petite rallonge et... »
- « Non. », lança-t-il sèchement sans même me laisser le temps de finir.
- « Mais écoute Harpagon, je peux trouver un petit job dans la journée et te rembourser demain ! » proposai-je calmement, voyant qu'il cherchait son arme de sécurité derrière le comptoir.
- « Ah ! Toi, un boulot ? T'es pas foutu de te sevrer de cette saleté de dérivé de la soie et tu voudrais que je te fasse confiance ? »s'exclama-t-il.
- « C'est pas comme si j'avais le choix ce coup-ci... »
- « Pas vraiment, non », dit-il en posant l'arme à côté de la caisse, « tu as vingt quatre heures, après ça, t'es mort. »

La course commençait. Et j'avais toujours faim.

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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #7 le: 12 juin 2014 à 23:34:26 »
'Xcellent !
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"Le Canada, c'est pas la terre à délits"
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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #8 le: 13 juin 2014 à 10:00:53 »
Sympa!
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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #9 le: 30 juillet 2014 à 10:22:26 »
Hello,

Le chapitre 3 est disponible ici : http://black-hand.over-blog.com/2014/07/chroniques-bakuniennes-4.html

Bonne lecture aux courageux !  ;)

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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #10 le: 11 août 2014 à 22:21:47 »
Depuis quand il faut être courageux pour te lire  ;D

Ne t'arrêtes pas en si bon chemin  ;)
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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #11 le: 22 août 2014 à 01:40:51 »
Rah, j'aime pas devoir suivre des liens!
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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #12 le: 22 août 2014 à 10:46:46 »
Tu as quand même apprécié ? ;)

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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #13 le: 22 août 2014 à 11:41:29 »
Oui!

Un peu beaucoup de fautes, mais sinon, j'aime bien, ça me fait penser au neuromancien...
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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #14 le: 22 août 2014 à 21:28:34 »
Sérieux ? Beaucoup de fautes ? :/ Faut vraiment que je fasse gaffe, j'en fais de plus en plus...

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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #15 le: 28 avril 2015 à 18:48:28 »
Hello !

Voici la suite de ma petite nouvelle, on se rapproche de la fin !

Le chapitre 4 : http://black-hand.over-blog.com/2015/04/chroniques-bakuniennes-5.html

Si vous n'avez jamais lu le début de la nouvelle ou si vous voulez vous remettre dedans, je vous conseille la catégorie Background du blog pour retrouver tout les chapitres...

A bientôt ! ;)

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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #16 le: 29 avril 2015 à 05:32:58 »
Ça sent la faim !  ;D
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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #17 le: 01 mai 2015 à 10:54:38 »
Hello !

Et voilà la fin ! J'aurais tardé ^^ J'espère que le format court vous aura plus, je me suis essayé à différent type d'écriture comme les scènes d'action, les dialogues, des descriptions, ... en tout cas, n'hésitez pas à me dire si ça vous a plus ! :)

Voici le dernier chapitre : http://neo-paris-infinity.blogspot.fr/2015/05/chroniques-bakunniennes.html

Mais je vous recommande de lire depuis le début pour ceux qui n'ont jamais lu le début ou qui l'ont lu il y a longtemps (genre en 2013 ^^), c'est pourquoi je vous mets l'intégral de la nouvelle ci-dessous ! ;)

Bonne lecture !  ;D

*****

Prologue

Un signal sonore me fit sursauter. Quelques instants plus tard les projecteurs artificiels commencèrent à diffuser leur lumière. Doucement le secteur prit vie, la ventilation s’alluma et le zoo fut lâché, Praxis s’éveilla.

Entre les diverses alertes aux radiations et la pute d’à côté, je devais avoir trois heures de sommeil… pas moins que d’habitude. Après une brève vérification de mon comlog, je sortis de la couchette pour aller vers la « zone de rafraîchissement ». Ils avaient bien fait de ne pas l’appeler salle de bain : un morceau de verre poli et une cuvette d’eau sale. Une barbe mal rasée, des yeux synthétiques ; pas de doute, c’était bien ma ***CENSURE*** de con. Faut toujours vérifier, on sait jamais, il suffit qu’un taré de Praxis est eu l’envie soudaine de vous greffer son entre jambe à la place du nez ! Mon bras me faisait souffrir par contre, cette prothèse avait coûté une fortune et je n’étais toujours pas habitué à sa présence, comme si elle était un invité non désiré. Dans tous les cas, j’avais plus les moyens de me faire soigner…

Je retournai vers mon lit pour m’y asseoir, histoire de fouiller sous l’oreiller. J’en sorti ma boîte, mon bien le plus précieux. Vide. ***CENSURE*** ! C’est pas possible, ***CENSURE***, il me restait plus un gramme de dope ! Comme si ce constat avait réveillé mes démons, je sentis tout de suite les effets du manque, tout mon corps émis un léger frisson sauf ma prothèse…

Pas le choix, il allait falloir que je sorte. Combien de temps depuis ma dernière sortie ? Une semaine, peut-être deux. Le temps de prendre mes comprimés d'hydratation et je me dirigeai déjà vers le sas.

Ma voisine quant à elle, avait déjà commencé sa journée.



Chapitre 1

Le soleil artificiel venait à peine de s'activer que Praxis était bondé. Ce lieu est souvent considéré comme une impasse, la poubelle de l'humanité, mais même Praxis contient des individus qui effraient ses habitants. Imaginez un instant la pire ordure que vous puissiez imaginer; du genre un pédo-zoophile porté sur les chatons... vous pensiez qu'on ne pouvait pas faire pire ? Bande de naïfs. Bref, les derniers de ces énergumènes laissaient la place à la vie ensoleillée de Bakunin tandis que je me glissais dans la foule.

Il fallait que je me ravitaille et vite. J'étais initialement sorti pour me chercher de la came mais un besoin plus naturel se faisait sentir, la faim. Je me dirigeais d'un pas pressé vers le module de Chanau, spécialisé dans les capsules alimentaires. J'avais entendu récemment via Arakne que les capsules utilisées par Chanau étaient constituées d’excréments d'antipodes. Ça me paraissait peu probable mais dans un cas comme dans l'autre, j'avais faim !
Arrivée au module allait être plus dur que prévu. En effet, tout Praxis semblait vouloir former un mur humain et m'empêcher de me nourrir. Des contractions involontaires des muscles liés à ma prothèse détournèrent mon attention du groupe de modérateurs en patrouille. Leur simple présence dispersa en partie les individus me bloquant le passage et je profitais de l'occasion pour accéder au bloc d'habitation suivant.
Après une bonne demi heure de marche, j'arrivais enfin devant le module de Chanau. Le logo du module ; un oiseau rougeâtre, clignotait irrégulièrement sur la façade. Je me décidais à rentrer et j’aperçus Harpagon, le propriétaire des lieux :

- « Alors vieil ours, comment tu vas ? »
- « Tu me dois 36 crédits panocéaniens. » répliqua-t-il, sans même lever la tête.

Je n'allais pas pouvoir manger tout de suite.



Chapitre 2

Après un long moment de silence gênant, je tentais de feinter l'innocence : « De quoi tu me parles ? »
- « Les crédits panocéaniens avec lesquels tu m'as payé le mois dernier », répliqua-t-il sans montrer une quelconque émotion.
- « Oui, et alors ? », répondis-je alors que je savais pertinemment la tournure qu'allait prendre les événements.
Il leva enfin la tête, « Ils étaient faux », lâcha-t-il.
Son regard accusateur pesait sur moi. Bon sang, si je retrouvais l'enflure qui m'a refilé ces crédits... Le mec m'avait assuré qu'ils étaient intraçables !
- « Comment voulais-tu que je le sache ? », objectai-je innocemment.
- « Pourquoi tu te serais caché durant un mois entier sinon ? », ajouta-t-il sur le même ton.
Il fallait que je trouve une sortie, je me forçais à penser avec difficulté, la faim et le manque n'aidaient pas.
- « Écoute, j'ai juste besoin d'une petite rallonge et... »
- « Non. », lança-t-il sèchement sans même me laisser le temps de finir.
- « Mais écoute Harpagon, je peux trouver un petit job dans la journée et te rembourser demain ! » proposai-je calmement, voyant qu'il cherchait son arme de sécurité derrière le comptoir.
- « Ah ! Toi, un boulot ? T'es pas foutu de te sevrer de cette saleté de dérivé de la soie et tu voudrais que je te fasse confiance ? »s'exclama-t-il.
- « C'est pas comme si j'avais le choix ce coup-ci... »
- « Pas vraiment, non », dit-il en posant l'arme à côté de la caisse, « tu as vingt quatre heures, après ça, t'es mort. »

La course commençait. Et j'avais toujours faim.



Chapitre 3

Bon sang ! J'avais pas une minute à perdre, il fallait que je trouve du fric, peut importe les moyens. Dernièrement, des rumeurs circulaient à propos d'un casse en vu près du module de Beauvoir. Le fait d'avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête me donnait des forces inespérées , je courais comme si m'a vie en dépendait... ce qui en réalité, était le cas ; j’accélérais encore.

Je ne pensais plus, j'avançais toujours plus vite, les insultes fusaient tandis que je bousculais les passants sans y prêter attention et j'avais envie de rire. Je ne m'étais plus senti aussi vivant depuis bien longtemps. La peur de la mort semblait avoir libéré des instincts primaires que je pensais avoir oubliés, j'étais capable de tout pour survivre. Tout et n'importe quoi.

Les holo-tags entourant le repaire de Sertaõ était visible à présent. Sertaõ est une crapule de la pire espèce. Il y a un nombre incalculable d'histoires glauques à son sujet, comme la manière dont il a nourri son pupnik avec ce qu'il restait de sa mère ou son implication dans la destruction de la station Helicon. Exactement ce qu'il me fallait en somme.

Tandis que je m'apprêtais à rentrer à l'intérieur, une femme dénudée à trois seins sortit en pleurant, probablement une prostitué. La pièce était grande, éclairé par des néons bariolés et emplit d'une odeur acre qui accrochait la gorge.

Je n'eus pas le temps de faire deux pas que deux gorilles m'envoyaient au sol. Ils s'amenaient sur moi pour me rosser mais ils furent arrêtés dans leurs gestes : “ Amenez le moi. ”

Sans me laisser le temps de me relever, les deux hommes me soulevèrent par les aisselles et me jetèrent à nouveau au pied d'un petit escalier.

- " Tu cherches quelques choses ? ”, annonca un troisième homme du sommet de l'escalier. Il était nu et visiblement encore essouflé de son entrevu avec la prostitué...

- Sans réfléchir, je lançais un timide “ Salut … “, la réaction ne se fit pas attendre, la mandale que m'envoya le garde du corps me fit voler contre le mur de tôle.

- “ Pour qui tu te prends sous ***CENSURE*** ? “, hurla mon agresseur de sa voix rauque.

- “ Doucement Kratos, je pense que notre ami c'est perdu.. “, annonça l'homme nu que je supposais être Sertaõ.

- “ Non “, essuyant le sang à l'aide du revers de ma manche avant de continuer, “ j'ai besoin d'argent “.

- “ Aaaah, mais qui n'en a pas besoin ! “ dit Sertaõ d'un ton amusé.

- “ Je suis prêt à tout ! “ annoncais-je avec un peu trop d'entrain. Je guettais mon ami Kratos au cas où ma tête de punching ball lui manquerais déjà.

- Une lueur s'alluma dans les yeux du chef de la bande, “ A tout... ? “

- “ J'ai besoin d'argent “, déclarais-je, comme si c'était la seule chose que j'eus voulu de toute ma vie.

- “ Bien, vu l'heure je pense que tu as déjà mangé, on va donc tout de suite attaquer le vif du sujet si tu veux bien. “

Mourrir par balle ou mourrir de faim, je me demande lequel est le pire...



Chapitre 4

Depuis mon abris, Sertaõ me fixait d'un regard morne et vide. Un peu plus loin, son corps finissait de se vider de son sang par les multiples impacts de balle et sa tête manquante.

La scène qui se déroulait au ralenti devant moi était un cauchemard éveillé, éclairé par intermittent d'une explosion brûlante et où flottait un parfum de sang et d'ozone.

Je reprenais subitement conscience de ma situation quand des tirs fusèrent au-dessus de la caisse magnétique me servant de couvert. Je me rabattais précipitamment, évitant de peu un tir. Le hangar était devenu un vrai champs de bataille... Cela ne devait pas se passer comme ça ! On avait pourtant tout prévu !

Le plan était d'attendre à bord d'un vaisseau dans l'orbite haute de la Lune, hors de portée des systèmes de détections de Bakunin. Puis au signal, d'atteindre les parois extérieurs du hangar avec des combinaisons 0-G avant de faire sauter la porte et de récupérer le magot... mais les modérateurs étaient là et ils nous ceuillèrent avec des tirs de suppression.

Bon sang, ce fut un vrai massacre !

Les tirs commençaient à se faire plus sporadiques et à s'éloigner vers l'aile droite du hangar. J'étais couvert de vomi, de sang et j'avais souillé mes vêtements, probablement durant ma perte de conscience. J'allais me faire tuer. Bordel ! Dès qu'un modo reviendraient, je finirais dans ma pisse avec une balle entre les deux yeux ! Je tremblais de peur en me disant que je ressemblerais bientôt à cet employé du hangar dans son uniforme orange, une victime collatérale...

Et là me vint une idée, la dernière chance, ***CENSURE*** ! Il me sembla entendre la voix de ce ***CENSURE*** de Kratos, un cri de fillette avant de s'éteindre à l'autre bout du hangar. Les pas commençait à se rapprocher et je me dépêchais d'enfiler l'uniforme du pauvre bougre, avant de massacrer son visage et d'écraser son cube.

J'entendais les pas battre le métal du sol au même rythme que mon coeur dans ma poitrine...

Mon estomac était noué.



Chapitre 5

Je sortais du module, doucement, le regard droit pour éviter d'éveiller l'attention. Surtout, ne pas courir. Calmement, j'avançais vers l'angle du module suivant pour arriver hors de vue du Shire, le QG des modérateurs.

Je me retournais, personne.

Ça avait marché !!! Je n'y croyais pas... les modérateurs n'y avaient vu que du feu ! Lorsqu'ils m'avaient trouvé allongé sur le sol du hangar dans l'uniforme du manutentionnaire couvert de sang, ils avaient appelé un médecin, un Tomcat d'après son uniforme. Un brave gars qui m'a sorti de là rapidement sans même demander mon nom. J'étais presque désolé de m'être joué de lui. Presque.

J'étais en vie ! Ah ! Je n'en revenais pas... la seule chose que je voulais c'était rentrer chez moi, retrouver ma cellule d'habitation miteuse... J'avais survécu au pire de Bakunin et je n'étais pas mort dans le vide de l'espace, ni dans un hangar, ni en prison !

J'avais cette impression que la vie m'offrait une deuxième chance; peut-être de partir sur une planète après le prochain saut. Sur le chemin de mon module, je m'amusais à imaginer ce que serait ma vie dans dix ans : démarrer un petit business sur Aconteciemento ou travailler comme consultant nomade sur Aube, en Mérovingie... ouais, ça serait la Mérovingie ! Voir ouvrir un petit restaurant sur les côtes de Varuna et... mon ventre gargouilla.

Je me rappelais alors que j'avais faim, juste à temps pour voir Harpagon m'attendre au bas de chez moi et lever son flingue.

Quelle journée de mer#%3{ ...

Rapport d'autopsie du cube B1302.202.34

Etat de l'enquête : Sans suite.



Fin
« Modifié: 22 mai 2015 à 20:40:52 par Ghost »

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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #18 le: 01 mai 2015 à 23:21:30 »
Super nouvelle, j'ai adoré !
Pas le temps de peindre ? Jouez des marqueurs.

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Re : Chroniques Bakuniennes
« Réponse #19 le: 02 mai 2015 à 10:39:01 »
Sympa, l'idée de la chute me plait bien. Les récits au passé me font toujours un peu bizarre, l'impression que c'est "forcé" comme écriture. Mais une bonne ambiance, bonne continuation.
Fan des figurines et de l'univers, pas assez de temps pour peindre...

 

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